Observatoire du Bien-être

L’Observatoire du bien-être au CEPREMAP soutient la recherche sur le bien-être subjectif en France et dans le monde.

Il  réunit des chercheurs de différentes institutions appliquant des méthodes quantitatives rigoureuses et des techniques novatrices. Les chercheurs affiliés à l’Observatoire travaillent sur la mesure du bien-être subjectif et sur ses déterminants, dont l’éducation, la santé, les relation sociales, la confiance et l’environnement économique.

Un rôle important de l’Observatoire est de développer notre compréhension du bien-être en France: son évolution au fil du temps, sa relation avec le cycle économique, les écarts en terme de bien-être entre différents groupes de population  ou régions, et enfin la relation entre politiques publiques et bien-être.

Notre travail de diffusion des résultats de la recherche passe par nos publications, accessibles au grand public, un travail de veille et de curation par notre compte Twitter @ObsBienEtre, un Tableau de bord du bien-être en France, qui restitue les résultats de notre enquête trimestrielle, et des outils interactifs pour vous situer dans la distribution du bien-être en France, et découvrir ce que nos recherche Google révèlent de l’état des pays.

En savoir plus sur l’Observatoire avec notre présentation détaillée et nos thèmes de recherche.

Le Bien-être en France : Rapport 2020

Couverture du rapport

Mathieu Perona (dir.) et Claudia Senik (dir), Paris, CEPREMAP, février 2021

Télécharger / Conférence de présentation

Depuis sa création, il y a quatre ans, l’Observatoire du bien-être se donne la mission de scruter le bien-être des Français ; le présent rapport vise à donner une image de cette activité, et ce faisant, à dresser un portrait de la France au prisme du bien-être subjectif.

Le travail, d’abord, qui joue un rôle primordial dans la satisfaction, non seulement à cause du revenu qu’il procure, mais aussi par les relations sociales qu’il occasionne et du sens qu’il donne à l’activité individuelle. C’est d’ailleurs surtout à travers la sphère professionnelle que le niveau d’éducation contribue à la satisfaction. On constate hélas que dans le domaine du travail, peut-être plus que dans tout autre, le célèbre « déficit de bonheur français » s’exprime à travers un niveau d’insatisfaction plus élevé que chez nos voisins européens. C’est peut-être pourquoi, à l’inverse de nombreux pays, le passage à la retraite ne semble pas constituer en France une charnière difficile, de nature à provoquer une baisse de bien-être, même s’il occasionne une perte de revenu. Pour les chômeurs, il représente même une sortie de la précarité et du stigmate, nettement favorable au bien-être.

Les liens sociaux et privés ensuite, dont on mesure l’importance, en creux, par le sentiment de solitude particulièrement délétère qui s’exprime dans certaines communes du territoire français. C’est en effet dans les territoires en déclin démographique, d’où la vie sociale se retire, que l’on a vu récemment se manifester des signes de fort mécontentement : insatisfaction, abstention électorale, et manifestations de Gilets jaunes.

Au total, les Français se classent plus mal que les autres Européens sur un grand nombre de mesures subjectives de bien-être malgré une situation beaucoup moins défavorable en matière d’indicateurs objectifs. Nous y voyons le signe d’une société inquiète, mal à l’aise avec les transformations qui la traversent. Peut-être aussi, dans une société centralisée où l’on attend beaucoup de l’Etat, est-il particulièrement angoissant de voir l’échelle nationale largement dépassée par l’ampleur des changements mondiaux. Le dernier chapitre de cet ouvrage ajoute une profondeur historique à l’analyse, et suggère que la notion de crise, apparue au milieu des années 1970, s’est durablement installée dans la société française, ainsi que le pessimisme et l’insatisfaction qui l’accompagnent.

Ces observations, réalisées au cours des années passées, revêtent une teneur nouvelle à la lumière de la crise du Covid-19. Si le gouvernement fait face à un arbitrage cornélien entre la lutte contre l’épidémie et l’économie, il prend aussi progressivement conscience de la nécessité de préserver le bien-être et la santé mentale de la population.

Les Français, le bonheur et l’argent

Yann Algan, Elizabeth Beasley, Claudia Senik, Opuscule du CEPREMAP n°46.

Bonheur, satisfaction dans la vie, confiance et optimisme : où en sont les Français ? Il existe une spécificité française en matière de bien-être et ce livre met en lumière plusieurs paradoxes.
Les Français se disent moins heureux et plus pessimistes que la plupart des citoyens des autres pays européens ; ce mal-être concerne avant tout les questions économiques ; et c’est en France que la relation entre bonheur et argent est la plus forte. Ceci vient sans doute de leur défiance vis-à-vis des institutions : ne pouvant plus compter sur elles pour organiser leur destinée collective et les protéger contre les principaux risques de la vie, les Français se replieraient sur leurs ressources personnelles. Au malheur collectif s’oppose alors un bonheur privé.
Mal-être et défiance se traduisent par un processus de polarisation politique, avec la montée de l’extrême droite notamment. Lors des dernières élections présidentielles, le vote en faveur d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen a marqué le clivage entre optimistes et pessimistes. Quelle que soit sa postérité, le sursaut d’optimisme du mois de juin 2017 montre que, même si l’état d’esprit des Français est si ancien qu’il finit par se confondre avec une attitude culturelle, il n’est pas pour autant irréversible.

Les Notes de l’Observatoire

Accéder à la liste complète de nos publications.

L’Observatoire publie une collection de Notes synthétisant des analyses sur les thèmes du bien-être. Les notes sont de trois types:

  1. Chaque trimestre, une note analyse les résultats du module bien-être de l’enquête CAMME (Conjoncture auprès des ménages) de l’INSEE, module financé par le CEPREMAP
  2. Des notes ponctuelles traitent de manière transversale d’une problématique liée au bien-être, exploitant tant les données trimestrielles que les autres sources de données disponibles
  3. Des notes ponctuelles rendent compte dans un format court et synthétiques d’articles de recherche

Nos dernières notes

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2021-02 : Ces enseignants qui nous marquent

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2021-02 : Ces enseignants qui nous marquent

Le suivi d’une cohorte d’enfants permet de mettre en évidence l’influence sur le long terme que peuvent avoir les enseignants sur leurs élèves. Les travaux de Sarah Flèche à partir d’une cohorte britannique montrent que les enseignantes et enseignants du primaire ont un effet non seulement sur les notes de leurs élèves, mais aussi sur leurs compétences non-cognitives (par exemple l’estime de soi, la persévérance, ou encore les relations interpersonnelles). Cet effet s’observe à court terme sur les notes, mais s’estompe avec les années. Cependant, si l’effet sur les notes diminue au fil du temps, on continue à observer une influence des enseignants sur la réussite de leurs élèves à long terme, que ce soit à travers l’accès à l’université, l’insertion sur le marché du travail, leur santé mentale ou leurs comportements. La capacité des enseignants à améliorer les performances cognitives de leurs élèves ne va pas nécessairement de pair avec leur capacité à améliorer la dimension non-cognitives. Les capacités à faire progresser les élèves dans l’un ou l’autre constituent deux compétences séparées. Ces compétences ne semblent pas s’acquérir principalement avec l’expérience, puisque l’âge, le nombre d’années d’exercice ou la confiance que les enseignants ont dans leurs pratiques ne semblent pas liées à la valeur ajoutée mesurée. En revanche, les pratiques pédagogiques mises en place par l’enseignant contribuent significativement à expliquer les différences de progressions entre élèves.

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2021-01 : Le Bien-être des Français – Décembre 2020

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2021-01 : Le Bien-être des Français – Décembre 2020

D’un confinement à l’autre, l’année 2020 a été marquée par des variations importantes dans l’évaluation que les Français ont de leur bien-être. Alors que le mois de juin marquait un point haut pour la plupart de nos indicateurs, décembre 2020 – avec une enquête intégralement conduite pendant le second confinement, marque un repli par rapport à juin. D’un côté, les dimensions relatives à l’état émotionnel semblent très fortement affectées par la situation de confinement : anxiété face à la situation sanitaire, isolement relationnel forcé, arrêt d’un grand nombre d’activités pèsent sur le bien-être des ménages. D’un autre côté, la satisfaction à l’égard du niveau de vie, reflétant plus les conditions matérielles, ou encore celle à l’égard du travail restent relativement élevées. Ainsi, si la satisfaction dans la vie, qui combine tous ces éléments, se replie nettement, il ne fait pour l’instant que retrouver son niveau moyen d’avant la pandémie. Ces mouvements opposés des différentes composantes du bien-être suggèrent ainsi que l’épidémie a rendu plus saillantes les dimensions non-matérielles du bien-être, en particulier le rôle joué par les relations sociales.

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2020-09 : Twitter, mesure du bien-être ?

Depuis sa création en 2006, le service de micro-blogging Twitter a acquis une place centrale dans la circulation et la diffusion d’informations dans de nombreux pays. Le caractère public de la plupart des messages (tweets), la présence de publics divers et la simple masse des messages en fait un révélateur des mécanismes de diffusion des nouvelles ou de l’état d’esprit des utilisateurs prisé par les chercheurs. De nombreux travaux récents ont tenté d’extraire de Twitter des informations sur l’état de l’opinion et sur le bien-être ressenti par la population. Plutôt destinée à un environnement de recherche, cette note présente brièvement une sélection d’articles, mettant un accent sur les méthodes utilisées et les résultats obtenus. Sans prétendre à l’exhaustivité, ce survol nous semble restituer une image assez fidèle de l’état de l’art et de ses limites quant à l’utilisation qui peut être faite de Twitter comme révélateur du bien-être ou des orientations politiques d’une population.

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2020-08 : Le Bien-être des Français – Septembre 2020

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2020-08 : Le Bien-être des Français – Septembre 2020

Après un baromètre de juin qui montrait une amélioration du bien-être subjectif à l’issue du confinement, celui de septembre affiche une image plus contrastée. La plupart des métriques sont partiellement en repli, mais restent à un niveau supérieur à celui d’il y a un an. Ce repli est plus marqué pour les ménages plus aisés et les classes moyennes, tandis que le tiers inférieur des ménages en termes de revenu continuent à avoir une appréciation plus positive. Le travail demeure un lieu de satisfaction important, là aussi particulièrement pour les ménages les plus modestes, probablement plus exposés à la crainte du chômage. L’environnement immédiat perd en partie de son caractère protecteur. Reflet peut-être de l’obligation de plus en plus générale du port du masque, les hommes en particulier expriment un moindre sentiment de sécurité dans leur quartier que dans les enquêtes précédentes.

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2020-07 : Heurs et malheurs du confinement

Note de l’Observatoire du Bien-être n°2020-07 : Heurs et malheurs du confinement

Face à l’épidémie de covid-19, le gouvernement français décide de placer le pays en confinement strict du 15 mars au 11 mai 2020. Pour la plupart des Français, le confinement est arrivé de manière inattendue, imposant de s’adapter très rapidement à une situation complètement inédite, chamboulant leur vie quotidienne, familiale et professionnelle. Les résultats de l’enquête Conditions de vie et aspirations réalisée par le Crédoc pendant le confinement, du 20 avril au 04 mai soulignent des vécus très différenciés. Les jeunes ont vécu plus difficilement la période que leurs aînés du fait de l’importance des liens sociaux dans leur constitution identitaire. Alors qu’en temps normal, les 15-24 ans sortent souvent de chez eux, notamment pour voir leurs amis, ils ont souffert de devoir y renoncer, malgré l’importance des liens sociaux dans leur constitution identitaire. Habitant souvent dans de petits espaces, ils ont vu leur vie rétrécie entre quatre murs ou ont choisi pour certains de retourner vivre dans leurs familles, ce qui n’a pas été sans provoquer quelques tensions. Les autres foyers habitant de petits logements, en liaison avec des ressources financières limitées (le logement étant le premier poste de dépenses des Français), ont également vécu difficilement la période. En revanche, au-delà des différences d’habitat, l’effet des différences de revenus a été – temporairement – gommé pendant la période. Chez les actifs, la découverte ou l’amplification du télétravail ont manifestement constitué une bonne surprise pour les personnes qui y ont eu accès, mais moins pour les personnes qui travaillaient habituellement à distance avant le confinement, qui se sont trouvées plus perturbées dans leurs habitudes. Le choc de la crise de la covid-19 a été tel que la plupart des Français ont revisité le regard qu’ils portaient sur leur vie, et réévaluent plus positivement ses différentes dimensions. Enfin, pour une partie importante de la population, le confinement a été une pause bien vécue, permettant de profiter davantage de ses proches, d’une vie calme et sécurisante.

Visualiser le bonheur

L’Observatoire a contribué au projet SOWELL! d’analyse du bien-être subjectif. En collaboration avec le Medialab de Sciences Po, nous avons conçu des outils interactifs pour saisir vous-mêmes les résultats de nos travaux de recherche.

Dans le comparatif du bien-être, vous découvrez ce que notre modèle de bien-être prédit en fonction de votre profil socio-économique, et comment cela se compare au reste de la société française.

Dans notre indice Big data du bonheur, nous montrons comment, de janvier 2008 à avril 2016, les requêtes sur le moteur de recherche Google permettent de prendre une température instantanée des craintes et des espoirs des Français et des Américains, ouvrant ainsi la voie à une mesure instantanée de l’état d’esprit des populations au travers de leurs recherches Internet.

Conférences

JECO 2019 : Vit-on mieux en ville ou à la campagne ?

JECO 2019 : Vit-on mieux en ville ou à la campagne ?

Cette intervention a été conçue pour une table ronde intitulée « Vit-on mieux en ville ou à la campagne ? »

De la souffrance au bonheur au travail : cache-misère ou changement de paradigme ?

De la souffrance au bonheur au travail : cache-misère ou changement de paradigme ?

Conférence donnée à l'invitation du CEZAM Pays de la Loire dans le cadre de leur Observatoire 2019, devant un public de représentants du personnel élus dans les conseils d'entreprise

Inequality and Happiness : une conférence par Andrew Clark

L'Université du Luxembourg a mis en ligne la captation d'une conférence (en anglais) donnée par Andrew Clark sur les relations entre inégalités et bien-être.

Contraindre ou inciter ? Le politique et le changement des comportements individuels

Contraindre ou inciter ? Le politique et le changement des comportements individuels

Intervention à une table ronde organisée par l'IEA de Paris à l'occasion de la Nuit des débats 2018 le 07 décembre 2018.

Affiche de la conférence du 17 octobre 2018 pour le Conseil de développement de l'Eurométropole de Strasbourg

Conférence « Le Bien-être subjectif au service du développement local »

Le Conseil de développement de l'Eurométropole de Strasbourg a conduit en 2017 une enquête en ligne, co-construite avec les habitants, sur le thème du bien-être et la qualité de vie. Suite à la parution en avril-mai 2018 d'une première restitution, le Conseil de développement a sollicité l'Observatoire du bien-être du CEPREMAP pour une conférence portant sur l'économie du bien-être subjectif, avec un accent particulier sur les méthodes de mesure, les déterminants et l'utilisation de cette métrique dans la conduite d'actions par les collectivités locales.

Ressources et perspectives sur le bien-être

Parcourez les ressources de référence et suivez la veille de l’Observatoire avec nos Ressources et perspectives sur le bien-être.