La vague de chaleur de fin mai ne semble pas avoir eu d’effet sur le bien-être ressenti par la majorité des Français. La satisfaction dans la vie est stable, le bien-être émotionnel et le sentiment de sens ressortent à un niveau élevé. Les prix du carburant, certes en recul après leur pic d’avril, n’entament ni l’évaluation du niveau de vie ni celle de la situation financière.
Point noir, le travail constitue depuis un an un élément d’insatisfaction, et ce trimestre ne montre pas d’amélioration.
Le sentiment d’avoir quelqu’un sur qui compter reste à un niveau élevé. Si les relations avec les proches reste une source de satisfaction pour la majorité de la population, un quart des personnes interrogées se sont pourtant senties seules au cours des sept jours précédents, un phénomène qui traverse les générations.
Mathieu Perona, Cepremap
Publié le 06 juillet 2026
Le bien-être des Français en Juin 2026 reste dans la continuité de ce que nous avions observé au printemps : une satisfaction dans la vie proche de sa moyenne de long cours, un bien-être émotionnel qui bénéficie des beaux jours, un sentiment de sens qui reste élevé, mais une satisfaction au travail durablement en berne.
Nous présentons l’ensemble des résultats de l’enquête dans notre tableau de bord en ligne. Cette Note en souligne quelques éléments saillants.
Encadré : Une collecte entre les vagues de chaleur
L’enquête de conjoncture auprès des ménages se déroule sur une période de trois semaines. La collecte de juin a donc commencé à la toute fin de la vague de chaleur de mai (21 au 30 mai 2026), et s’est achevée avant celle de juin (à partir du 17 juin). Par ailleurs, le prix des carburants était un peu redescendu de son pic d’avril, dans la suite immédiate du début des opérations militaires américaines et israéliennes en Iran (28 mars), mais restait à un niveau élevé par rapport aux prix du début d’année.
Un bien-être de saison
Notre indicateur central, la satisfaction générale quant à la vie que l’on mène actuellement, est stable depuis trois trimestres, à un niveau correspondant à sa moyenne depuis 2016 (Figure 1). Cela représente tout de même un repli par rapport à l’année 2025.

Comme dans l’ensemble des graphiques de cette note, la bande jaune désigne la période la plus intense des manifestations des Gilets jaunes. Les bandes grises indiquent les confinements en France métropolitaine. Les traits pointillés marquent le début des guerre en Ukraine (mars 2022) et en Iran (mars 2026).
Le bien-être émotionnel bénéficie, comme pratiquement chaque année, des beaux jours, malgré la chaleur des premiers jours de la période de l’enquête (voir Encadré 1). Ainsi, le sentiment d’avoir été heureux la veille atteint un niveau exceptionnellement élevé, partant d’un niveau déjà favorable en mars (Figure 2).

Le sentiment que ce qu’on fait de sa vie a du sens, de la valeur, continue sa progression entamée en mars (Figure 3).

Niveau de vie et finances
Malgré l’augmentation des prix des carburants, l’appréciation par les Français de leur situation matérielle reste stable, voire s’améliore. Ainsi, leur satisfaction quant à leur niveau de vie est stable sur un an, au niveau de sa moyenne depuis 2016 (Figure 4).

La part des ménages qui estiment pouvoir épargner augmente, tandis que ceux qui doivent puiser dans leurs réserves sont un peu moins nombreux (Figure 5). L’appréciation que les ménages font de leurs finances continue ainsi la dynamique d’amélioration que nous observons depuis 2024, effaçant le recul de mars dernier.

Un avenir en demi-teinte
Après un point bas en 2023, la satisfaction quant à ce que l’on va vivre dans les prochaines années évolue à un niveau proche de sa moyenne depuis 2016 (Figure 6). Cet optimisme relatif n’est pas dû à leurs anticipations économiques. En effet, il contraste avec une baisse marquée de l’indice synthétique de confiance des ménages de l’Insee, une mesure de l’appréciation de leur situation économique présente et à venir, qui a décroché en avril.

Moyenne des réponses a la question sur la satisfaction quant à son propre avenir et indice synthétique de confiance des ménages de l’Insee. Pour rendre les deux séries comparables, elles ont été centrées sur leur niveau moyen depuis 2016 et normalisées.
L’opinion quant aux perspectives de la prochaine génération s’améliore légèrement après un point bas en mars (Figure 7). La vague de chaleur précoce de mai ne semble pas avoir conduit à une ré-évaluation importante des conséquences du dérèglement climatique sur la vie de la prochaine génération. La canicule annoncée pour la mi-juillet, après celle du mois de juin, pourrait avoir des effets plus profonds.

Le travail reste un point sensible
La satisfaction quant à son travail s’est brutalement détériorée il y a un an, et reste à un niveau déprimé ce trimestre (Figure 8).

Touchant toutes les générations d’âge actif et tous les niveaux de revenu, cette baisse de la satisfaction au travail ne s’explique pas par l’équilibre vie-travail (en léger recul ce trimestre) ni par la satisfaction concernant le temps libre (stable, à un niveau plutôt élevé).
Des proches sur qui compter
Les relations avec les proches restent un élément très satisfaisant pour la majorité de nos répondants, avec une note moyenne supérieure à 8 (sur l’échelle de 0 à 10) et très peu de variations d’un trimestre à l’autre ou entre classes d’âge. Le sentiment d’avoir quelqu’un sur qui compter en cas de besoin affiche, ce trimestre, son niveau le plus élevé depuis le début de notre enquête (Figure 9), soutenu par une appréciation en hausse du soutien perçu par les femmes.

Ce résultat positif ne doit cependant pas masquer des fragilités persistantes. Sur toutes les questions relatives aux proches, les ménages les plus modestes déclarent des niveaux de satisfaction plus faibles, indiquant une combinaison de fragilité économique et d’un réseau familial et amical moins protecteur. De plus, notre question sur la solitude, introduite l’an dernier, révèle que plus d’un quart des personnes interrogées se sont senties seules la semaine passée (réponses de 0 à 4 sur l’échelle de 0 à 10, Figure 10). Cette proportion est stable de 20 à 80 ans (et augmente fortement chez les plus de 80 ans), traduisant un problème qui ne se limite pas aux jeunes générations ou aux seniors.

