Le schisme intérieur : Démocratie, lien social et valeurs dans l’Occident fragmenté

Note
Observatoire du bien-être

En mobilisant les données longitudinales du World Values Survey sur sept vagues (1981–2022) et en comparant l’Europe occidentale, l’Amérique du Nord et l’Europe centrale et orientale, cette note propose une lecture des transformations contemporaines des valeurs politiques, sociales et morales. Elle montre que les sociétés occidentales ne suivent pas simplement des trajectoires régionales divergentes, mais se fragmentent de plus en plus en interne, selon des lignes politiques, générationnelles et de genre.

Trois dynamiques structurelles se dégagent. D’abord, une dissociation croissante entre attachement normatif à la démocratie — qui demeure élevé — et confiance dans ses institutions concrètes, qui s’érode de manière continue. Cette défiance institutionnelle est désormais davantage structurée par l’identité partisane que par des variables socio-démographiques classiques, rendant la légitimité des institutions objet de conflit plutôt que bien commun. Ensuite, une privatisation du capital social : les liens familiaux et amicaux se renforcent tandis que les formes de sociabilité civique et transversale s’affaiblissent, réduisant la capacité des sociétés à produire de la coopération au-delà des cercles de proximité. Enfin, une libéralisation des valeurs morales et sociétales qui, loin d’être consensuelle, est devenue structurellement conflictuelle, traversée par un clivage de genre générationnel inédit et, en Europe de l’Est, par un reflux conservateur partiel.

Ces trois dynamiques convergent vers un même diagnostic : celui d’une stabilité précaire, où la démocratie est désirée en principe mais largement fragilisée dans ses fondations institutionnelles et sociales.

Une interface interactive en ligne développée à l’occasion de cette note permet d’explorer l’ensemble des données mobilisées ici selon les vagues, les espaces géographiques et les profils des répondants.

Yann Algan, HEC et Cepremap

Victoire Chatain, Cepremap

Publié le 19 Juin 2026

Introduction

La théorie de la modernisation culturelle développée par Ronald Inglehart (1977, 1990) puis systématisée avec Christian Welzel (Inglehart & Welzel, 2005) postule qu’à mesure que la sécurité matérielle augmente, les sociétés tendent à déplacer leurs priorités des valeurs de survie et d’autorité vers des valeurs d’expression de soi, d’autonomie individuelle et de tolérance. Cette transformation serait associée à un renforcement des institutions démocratiques et à une demande accrue de participation politique.

Pendant plusieurs décennies, les données du World Values Survey (WVS) ont semblé confirmer l’existence d’un tel mouvement de fond (Inglehart, 2018). Toutefois, ces mêmes auteurs ont toujours souligné la persistance des héritages culturels, religieux et civilisationnels, montrant que la modernisation ne produisait pas une homogénéisation mondiale mais des trajectoires partiellement différenciées.

Depuis les années 2010, ce cadre interprétatif a été de plus en plus remis en question. Des analyses comparatives fondées sur le WVS, l’European Social Survey et les enquêtes du Pew Research Center suggèrent non seulement un ralentissement de la convergence, mais aussi, dans certains cas, des retournements de tendance concernant des dimensions centrales telles que la tolérance culturelle, le pluralisme moral et le rapport à l’autorité (Inglehart, 2021 ; Pew Research Center, 2018).

Dans le débat public, ce renversement a été popularisé par plusieurs dossiers de The Economist (notamment « The new culture wars », 2017 ; « The West is becoming culturally more distinctive », 2022), qui soulignent que l’Occident ne constitue plus un pôle vers lequel le reste du monde convergerait mécaniquement, mais un espace de valeurs de plus en plus spécifique et parfois isolé.

Ce mouvement de fond trouve une confirmation saisissante dans les données les plus récentes. Le rapport annuel du V-Dem Institute publié en 2025 révèle que, pour la première fois depuis plus de vingt ans, le nombre de régimes autocratiques dans le monde dépasse celui des démocraties — 91 contre 88 —, tandis que le nombre de pays engagés dans un processus de démocratisation a été divisé par trois depuis le début des années 1990. Plus de la moitié de la population mondiale vivait sous un régime démocratique il y a vingt ans ; aujourd’hui, 72 % vit sous une forme d’autocratie. Ces chiffres ne signifient pas que la démocratie est morte comme idéal — les données du WVS que nous analysons ici montrent précisément le contraire. Ils signifient plutôt que la distance entre ce que les citoyens déclarent vouloir et les régimes qu’ils habitent n’a jamais été aussi grande, et que cette tension est elle-même une force de déstabilisation.

Déconsolidation démocratique et crise de la légitimité institutionnelle

Un tournant majeur dans la littérature est marqué par les travaux de Roberto Foa et Yascha Mounk (2016, 2017, 2018) sur la « déconsolidation démocratique ». Ceux-ci montrent que, dans de nombreuses démocraties établies, le soutien normatif à la démocratie reste élevé, mais que la confiance dans ses institutions concrètes — partis, parlements, gouvernements, médias — décline de manière structurelle.

Ce diagnostic a été confirmé et nuancé par de nombreux travaux ultérieurs (Dalton, 2004 ; Norris, 2011 ; Mounk, 2018 ; Voeten, 2017). La crise actuelle s’apparente surtout à une perte de crédibilité des élites politiques.

Parallèlement, plusieurs études basées sur le WVS et le Pew Research Center montrent une augmentation de la tolérance envers des formes de gouvernement non libérales : gouvernement technocratique, leadership fort « au-dessus des partis », voire régime autoritaire « efficace » (Pew Research Center, 2017 ; Inglehart, 2021).

Un point particulièrement débattu concerne les jeunes générations. Contrairement à l’hypothèse classique de la socialisation démocratique cumulative, plusieurs travaux suggèrent que les cohortes récentes ne sont pas systématiquement plus attachées aux normes libérales que leurs aînés (Foa & Mounk, 2016 ; Norris, 2017), même si cette thèse reste discutée et dépend fortement des pays et des indicateurs utilisés.

Capital social, fragmentation et déclin de la confiance généralisée

La question du capital social, popularisée par Robert Putnam (2000), constitue un autre pilier de la littérature. Putnam montrait déjà, à partir du cas américain, un déclin marqué de la participation civique et associative, malgré le maintien, voire le renforcement, des sociabilités privées.

Les travaux plus récents confirment ce diagnostic dans de nombreuses démocraties avancées (Putnam, 2015 ; Algan & Cahuc, 2007 ; Fukuyama, 2011). Le capital social ne disparaît pas, mais se recompose : les liens de proximité (famille, amis proches, réseaux affinitaires) restent solides, tandis que les formes de sociabilité institutionnalisée et transversale (syndicats, partis, Églises, associations, collectifs professionnels) continuent de s’affaiblir.

Cette évolution s’accompagne d’un déclin de la confiance généralisée envers les inconnus et les groupes extérieurs, au profit d’une confiance plus conditionnelle et plus identitaire (Uslaner, 2002). Plusieurs auteurs parlent ainsi de fragmentation sociale, de « balkanisation » ou de « re-tribalisation » du lien social, en interaction étroite avec la polarisation politique.

Libéralisation des mœurs, backlash culturel et polarisation idéologique

Sur le plan des valeurs morales et culturelles, la plupart des travaux confirment l’existence d’une libéralisation de long terme dans les sociétés occidentales, notamment sur les questions de genre, de sexualité, de divorce et d’autonomie individuelle (Inglehart, 2018 ; Welzel, 2013).

Toutefois, Pippa Norris et Ronald Inglehart (2019) ont constaté un certain « cultural backlash », une réaction défensive de certains segments de la population face à ces avancées rapides, qui alimentent le populisme autoritaire et le conservatisme moral .

Cette thèse a donné lieu à de nombreux débats empiriques (Gidron & Hall, 2017 ; Mudde, 2021), mais un point fait désormais consensus : les conflits culturels sont devenus un axe central de structuration politique, en particulier aux États-Unis, où les positions sur l’avortement, la religion ou les droits LGBT sont aujourd’hui davantage déterminées par l’identité partisane que par l’âge ou la position sociale (Pew Research Center, 2014, 2020).

Par ailleurs, plusieurs travaux récents mettent en évidence l’émergence d’un clivage de genre générationnel, les jeunes femmes se montrant nettement plus libérales que les jeunes hommes (Financial Times, 2024 ; Norrander & Wilcox, 2008). Enfin, dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, la littérature documente un reflux conservateur après une phase d’ouverture post-transition, souvent associé à la montée de régimes illibéraux (Krastev & Holmes, 2019).

Valeurs économiques, insécurité subjective et perte de statut

De même, les recherches contemporaines montrent que les attitudes économiques — vis-à-vis du mérite, de la redistribution des revenus, du rôle de l’État, ou encore de la compétition — ne se laissent plus expliquer uniquement par la position de classe ou le revenu (Kriesi et al., 2008 ; Gidron & Hall, 2017), mais sont de plus en plus liées à l’insécurité subjective, à la perception du déclassement, à la perte de statut et à la défiance envers les élites politiques et économiques (Gest, 2016 ; Sandel, 2020). Cette évolution contribue à l’entrelacement croissant des conflits économiques et culturels dans les démocraties contemporaines.

Contribution de cette note

La littérature récente a largement documenté l’affaiblissement de la confiance dans les institutions démocratiques, la montée des conflits culturels et la fragmentation du lien social dans les démocraties avancées. Toutefois, ces phénomènes sont le plus souvent analysés séparément, et principalement à travers des moyennes nationales, ce qui tend à masquer un fait central : la transformation actuelle des régimes de valeurs se caractérise moins par un simple déplacement global que par une polarisation croissante à l’intérieur même des sociétés.

En mobilisant les données longitudinales du World Values Survey (WVS) et en comparant l’Europe occidentale, l’Amérique du Nord et l’Europe centrale et orientale, cette note propose une lecture intégrée des évolutions contemporaines des valeurs politiques, sociales et morales. Elle montre que les sociétés n’évoluent pas seulement selon des trajectoires régionales différenciées, mais qu’elles se fragmentent aussi de plus en plus en interne, selon des lignes politiques, générationnelles et de genre, rendant les compromis collectifs plus difficiles et la légitimité institutionnelle plus fragile.

La contribution principale de cette étude est ainsi de déplacer le regard : au-delà de la question de la convergence ou de la divergence entre pays, elle met en évidence l’émergence d’un nouveau régime de stabilité précaire, marqué par la dissociation entre attachement démocratique et confiance institutionnelle, le repli du capital social sur des sphères de proximité, et la conflictualisation croissante des valeurs — autant de dynamiques qui redéfinissent en profondeur les conditions de fonctionnement des démocraties contemporaines.

Les enquêtes successives du WVS permettent d’observer les transformations structurelles des systèmes de valeurs dans les sociétés occidentales et postsoviétiques. Cette analyse comparative porte sur trois ensembles géopolitiques distincts : l’Europe occidentale, l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Est. L’examen longitudinal des vagues 1 à 7 (1-3 = V1, 4-5 = V2, 6-7 = V3) révèle des trajectoires régionales divergentes, tout en mettant en évidence l’émergence de tendances transnationales significatives.

L’ensemble des données mobilisées dans cette note sont accessibles via une interface interactive en ligne1, développée l’occasion de cette publication. Elle propose une cartographie mondiale par variable et par vague, ainsi qu’une heatmap longitudinale permettant de faceter les résultats selon l’âge, le genre ou l’auto-positionnement politique des répondants, et de filtrer par région mondiale ou par pays. L’échelle de couleurs est paramétrable, et les tailles d’échantillon peuvent être rendues visibles pour les sous-groupes de faible effectif. Les variables couvertes (indicateurs de confiance, indices d’Inglehart, attachement démocratique, valeurs éthiques et sociétales) correspondent à l’essentiel des dimensions analysées dans cette note.

L’analyse s’articule autour de trois dimensions analytiques : (1) la confiance institutionnelle et l’attachement aux principes démocratiques, (2) les liens sociaux et la confiance interpersonnelle, (3) les valeurs éthiques et sociétales. Ces trois axes permettent d’appréhender les reconfigurations contemporaines des systèmes de valeurs et leurs implications pour la cohésion sociale et la stabilité démocratique.

I — Démocratie sans confiance : la dissociation fatale

Une démocratie largement valorisée, mais de moins en moins crédible

Les données du World Values Survey confirment un paradoxe désormais bien établi dans la littérature comparative : la démocratie demeure, dans l’ensemble des régions étudiées, un régime politique très largement valorisé sur le plan normatif, mais ses incarnations institutionnelles suscitent une confiance de plus en plus limitée.

C’est précisément au regard de la jeunesse que cette dissociation se donne à lire avec le plus d’acuité (Figure 1) : l’adhésion à la démocratie comme idéal se maintient à des niveaux structurellement élevés, quand le crédit accordé à ses médiateurs institutionnels accuse un décrochage.

Ce constat est particulièrement saisissant en Europe occidentale. Au sein de cette région où la tradition démocratique est la plus consolidée, la jeunesse affiche un attachement de principe indéniable, avec un score d’importance de la démocratie atteignant près de 85 %. Pourtant, ce capital de départ s’évapore dès lors qu’il s’agit d’évaluer les médiateurs du système : la confiance des jeunes tombe à environ 65 % pour le gouvernement, glisse à 55 % pour le système judiciaire, et s’effondre sous la barre des 50 % pour les partis politiques.

Le paradoxe est presque contre-intuitif : c’est là où la démocratie est la plus installée que la jeunesse exprime la plus forte défiance envers ses institutions.

Ce décrochage ne se limite pas à l’Europe occidentale : il traverse l’ensemble des espaces géographiques étudiés, selon des géométries variables. L’Europe orientale offre à cet égard un profil en miroir : le décrochage y est nettement moins prononcé, non parce que la confiance institutionnelle y serait robuste, mais parce que l’adhésion à l’idéal démocratique y est elle-même plus modérée. La jeunesse des pays post-communistes déclare une importance de la démocratie légèrement en deçà des standards occidentaux, mais elle témoigne en contrepartie d’une confiance nettement plus robuste dans son gouvernement et son parlement.

Aussi, dans trois des ensembles considérés (Europe occidentale, Amérique du Nord et Europe de l’Est) une large majorité des personnes interrogées continue d’affirmer que la démocratie constitue le meilleur système de gouvernement possible. Cette adhésion de principe est particulièrement stable en Europe occidentale, progresse même légèrement dans certaines cohortes, et demeure globalement élevée en Amérique du Nord. En Europe de l’Est, en revanche, elle reste sensiblement plus faible et plus volatile, reflet d’une trajectoire historique marquée par des transitions politiques incomplètes et une légitimité institutionnelle fragile (voir l’interface en ligne)2.

Toutefois, cette adhésion abstraite contraste fortement avec l’évolution de la confiance accordée aux institutions représentatives. Qu’il s’agisse du gouvernement, du Parlement, des partis politiques ou, dans une moindre mesure, de la justice et des médias, les indicateurs de confiance institutionnelle montrent soit une stagnation à des niveaux historiquement bas, soit une érosion graduelle au fil des vagues du WVS (voir l’interface en ligne)3.

Ce décalage entre attachement normatif et défiance pratique correspond très précisément à ce que Foa et Mounk (2016, 2018) ont décrit comme un processus de « déconsolidation démocratique » : la démocratie reste désirable comme idéal, mais de moins en moins crédible comme système effectivement existant. La crise actuelle apparaît ainsi moins comme un rejet du régime démocratique que comme une crise de ses médiateurs institutionnels, perçus comme inefficaces, capturés par des élites ou déconnectés des préoccupations ordinaires.

Dans ce cadre, l’Europe occidentale se caractérise par une forme de « déconsolidation modérée » : le soutien à la démocratie y demeure élevé, mais la confiance dans les institutions politiques suit une trajectoire de lent affaissement, notamment chez les jeunes comme le montre la figure (Figure 1). Les États-Unis se distinguent par un profil différent : la défiance institutionnelle n’y est pas seulement élevée, elle est surtout profondément politisée, Figure 2). L’Europe de l’Est, enfin, présente un tableau plus structurellement préoccupant, où la faiblesse relative de l’attachement démocratique se combine à une acceptation plus large de solutions politiques non libérales.

Quand la confiance devient partisane : la polarisation de la légitimité

Un deuxième fait stylisé majeur ressort des données : la confiance dans les institutions démocratiques n’est plus principalement structurée par des variables socio-démographiques classiques, mais de plus en plus par le positionnement politique et l’identité partisane.

Ce phénomène est particulièrement visible en Amérique du Nord, où les écarts de confiance entre électeurs se situant à gauche et à droite de l’échiquier politique atteignent des niveaux exceptionnellement élevés (Figure 3,les intervalles de confiance sont beaucoup plus importants aux États-Unis qu’en Europe du fait des différences d’effectifs).

Aux États-Unis, la confiance dans le gouvernement, le Parlement ou même le système judiciaire est désormais largement fonction de l’appartenance camp contre camp (Annexe). La légitimité institutionnelle cesse ainsi d’être un bien commun et devient un objet de conflit politique.

L’Europe occidentale suit la même trajectoire, mais de manière plus atténuée. Les clivages idéologiques y jouent un rôle croissant dans la structuration de la confiance institutionnelle, sans toutefois atteindre le degré de polarisation observé outre-Atlantique. L’Europe de l’Est, quant à elle, combine une politisation de la confiance à des niveaux moyens déjà faibles, ce qui alimente un climat de scepticisme généralisé vis-à-vis de l’État et de ses institutions.

Cette évolution confirme un diagnostic central de la littérature récente (Norris, 2011 ; Mounk, 2018) : la crise de la démocratie contemporaine est aussi, et peut-être surtout, une crise de la légitimité partagée. Lorsque les institutions ne sont plus perçues comme des arbitres communs, mais comme des instruments au service d’un camp contre un autre, leur capacité à structurer durablement le conflit politique s’érode. Un résultat particulièrement notable de nos analyses concerne le rôle du centre politique (Figure 3).

Dans l’ensemble des régions étudiées, les individus se positionnant au centre de l’échiquier manifestent un niveau d’attachement à la démocratie plus faible que ceux qui s’identifient clairement à la gauche ou à la droite (Figure 3). Ce phénomène, observé de manière particulièrement nette en Amérique du Nord et en Europe occidentale, suggère une forme d’érosion du centre comme pilier de stabilité du système démocratique, confirmant l’hypothèse de « hollowing out of the middle » avancée par plusieurs auteurs.

Le paradoxe du leadership fort : quand l’autorité progresse sans remplacer la démocratie

Un troisième fait stylisé, sans doute l’un des plus préoccupants, concerne la relation entre l’attachement déclaré à la démocratie et l’acceptation croissante de formes de gouvernance autoritaires ou semi-autoritaires (Figure 4). Les données du WVS montrent qu’une part non négligeable des citoyens, y compris parmi ceux qui déclarent attacher une grande importance à la démocratie, considèrent qu’un « leader fort qui n’a pas à se soucier du parlement ou des élections » peut constituer une bonne solution politique. Loin de s’exclure mutuellement, ces deux attitudes tendent, dans certains contextes, à coexister.

Une analyse démographique plus fine révèle que l’approbation de cette modalité varie sensiblement selon l’âge. Toutes choses égales par ailleurs, l’analyse montre que l’appartenance à la cohorte des 18-34 ans augmente de manière significative la probabilité d’adhérer à l’item « chef fort sans parlement ». Aux États-Unis, si cette spécificité des plus jeunes n’est pas structurellement nouvelle, leur tendance à soutenir cette option s’est encore accentuée au fil des vagues récentes de l’enquête. En Europe occidentale, la dynamique est différente : alors que les 18-34 ans se distinguaient durant les décennies 2000 et 2010 par une moindre propension à soutenir une telle structure politique par rapport aux autres classes d’âge, la tendance s’est inversée au cours des dernières vagues, les jeunes générations affichant désormais une inclinaison plus marquée en sa faveur (Figure 4).

Au-delà de ces dynamiques générationnelles occidentales, ce paradoxe est particulièrement visible en Europe de l’Est, où l’héritage des régimes autoritaires et les déceptions liées aux transitions démocratiques ont durablement affaibli la légitimité des contre-pouvoirs institutionnels. Mais il n’est nullement absent des démocraties occidentales, où l’attrait pour des formes de décision plus verticales et plus rapides progresse également4. Ce résultat confirme les analyses du Pew Research Center (2017) et d’Inglehart (2021), selon lesquelles la demande d’autorité et d’efficacité politique augmente dans de nombreux pays, sans pour autant s’accompagner d’un rejet explicite de la démocratie comme idéal. Il s’agit moins d’une substitution que d’une hybridation des préférences : une démocratie désirée, mais contournée dans ses procédures jugées trop lentes, trop conflictuelles ou trop inefficaces.

Cette coexistence paradoxale entre idéal démocratique et tentation autoritaire n’est pas seulement un phénomène mesurable sur le temps long des enquêtes WVS : elle est observable en temps réel dans les opinions publiques européennes. En décembre 2025, le baromètre Eurobazooka, réalisé par Cluster 17 pour Le Grand Continent, révélait que 24 % des Français se déclaraient favorables à un pouvoir plus centralisé et plus autoritaire — le taux le plus élevé parmi les neuf pays européens sondés. Ce résultat ne traduit pas un rejet de la démocratie comme horizon, mais une impatience vis-à-vis de ses formes concrètes : lentes, conflictuelles, perçues comme inefficaces face à des crises que les gouvernements semblent incapables de résoudre. La fragmentation politique française — absence de majorité stable, successions gouvernementales précipitées — illustre précisément ce que nos données décrivent à l’échelle comparative : une démocratie dont les procédures sont de moins en moins perçues comme légitimes, sans que l’idéal lui-même soit formellement abandonné.

Le facteur générationnel : une socialisation démocratique en question

Contrairement à une hypothèse longtemps dominante en science politique, en ligne avec la grande modernisation de Inglehart, selon laquelle chaque nouvelle génération serait mécaniquement plus attachée aux valeurs démocratiques que la précédente, les données récentes suggèrent un tableau beaucoup plus ambigu. Dans plusieurs régions, et en particulier en Europe occidentale et dans une partie de l’Europe de l’Est, les cohortes les plus jeunes manifestent une acceptation plus élevée de l’idée d’un leadership fort et une relation plus instrumentale à la démocratie. Les États-Unis constituent, sur ce point, une exception partielle, avec des dynamiques générationnelles différentes selon les indicateurs considérés (Figure 5).

Ces résultats rejoignent, au moins partiellement, les constats de Foa et Mounk (2016) et de Norris (2017), tout en soulignant l’importance d’éviter toute généralisation hâtive. Il ne s’agit pas d’un rejet massif et conscient de la démocratie par la jeunesse, mais plutôt d’un rapport plus distant, plus conditionnel et moins sacralisé au régime démocratique et à ses institutions. Cette évolution peut être interprétée comme le produit combiné de plusieurs facteurs : socialisation politique dans un contexte de crises répétées, perception d’une faible capacité des systèmes politiques à répondre aux enjeux contemporains (climat, inégalités, sécurité) et concurrence croissante entre démocratie libérale et autres modèles de gouvernance perçus comme plus efficaces.

Une démocratie sans centre de gravité ?

Ces analyses dessinent le portrait d’un régime politique paradoxal : largement soutenu en principe, mais fragilisé dans ses fondations institutionnelles et symboliques. La démocratie contemporaine semble ainsi entrer dans une phase de désinstitutionnalisation partielle : ses normes continuent d’être affirmées, mais ses procédures, ses acteurs et ses médiations sont de plus en plus contestés, contournés ou instrumentalisés. La polarisation politique transforme la confiance en ressource partisane, l’attrait pour le leadership fort fragilise les contre-pouvoirs, et l’érosion du centre politique prive le système d’un de ses principaux stabilisateurs historiques.

Dans ce contexte, le risque principal n’est pas celui d’un basculement brutal vers l’autoritarisme, mais celui d’une démocratie progressivement vidée de sa substance institutionnelle, oscillant entre méfiance généralisée, conflictualité permanente et tentation de solutions politiques simplificatrices.

Cette fragilisation interne des démocraties ne se déroule pas dans un vide géopolitique. Elle s’inscrit dans un moment où la divergence transatlantique sur les valeurs fondamentales atteint un point d’inflexion inédit. En 2025, ce que certains analystes ont qualifié de « schisme occidental » — la rupture progressive entre les États-Unis et l’Europe sur des principes aussi centraux que l’indépendance des institutions, la protection des minorités ou le respect des libertés individuelles — a rendu visible ce que nos données WVS documentaient de manière plus souterraine : l’Occident n’est plus un espace de valeurs homogène convergeant vers un même modèle libéral, mais un ensemble de trajectoires de plus en plus divergentes, y compris en son sein. Pour les démocraties européennes, cette rupture est doublement déstabilisatrice : elle prive le modèle démocratique d’un référent américain qui, malgré ses contradictions, structurait depuis 1945 l’horizon normatif commun ; et elle renforce les forces centrifuges internes que cette note s’attache précisément à documenter.

II — Des sociétés plus intimes et plus fragmentées

Le capital social ne disparaît pas : il se privatise

Les transformations contemporaines du lien social ne se résument pas à un simple déclin de la sociabilité. Les données du World Values Survey confirment plutôt un diagnostic désormais bien établi dans la littérature : le capital social ne s’érode pas uniformément, mais se recompose en profondeur. Dans l’ensemble des régions étudiées, les liens de proximité — famille et amis proches — demeurent extrêmement solides et, dans plusieurs cas, gagnent même en importance relative (Figure 7). En revanche, les formes de sociabilité institutionnalisée et intermédiaire, en particulier celles liées au monde du travail et aux organisations collectives, connaissent un affaiblissement progressif. Là où, lors des premières vagues du WVS, le travail occupait une place comparable à celle de l’amitié comme instance centrale de socialisation, il apparaît désormais relégué au second plan dans la plupart des sociétés occidentales.

Cette évolution est particulièrement nette en Europe occidentale et en Amérique du Nord, où l’on observe une forme de repli sur la sphère privée. L’Europe de l’Est suit une trajectoire similaire, mais selon une dynamique distincte : les réseaux familiaux et amicaux y ont toujours occupé une place centrale, et la transition post-socialiste semble s’accompagner moins d’un effondrement que d’une reconfiguration progressive des hiérarchies de sociabilité, le travail perdant lentement son rôle structurant au profit des liens personnels. Ce constat rejoint les analyses de Putnam (2000, 2015) et de nombreux travaux ultérieurs : les sociétés contemporaines ne deviennent pas asociales, mais moins civiques et plus intimistes.

De la sociabilité à la cohésion : le problème de la confiance généralisée

La question centrale n’est donc pas celle de la quantité de liens sociaux, mais celle de leur qualité collective. C’est ici qu’intervient la distinction classique entre capital social « bonding » (liens au sein de groupes homogènes) et « bridging » (liens entre groupes différents). Les données du WVS montrent une remarquable stabilité de la hiérarchie des types de confiance interpersonnelle dans l’ensemble des régions étudiées : la confiance envers les proches est systématiquement la plus élevée, suivie de celle envers les connaissances, tandis que la confiance envers les inconnus, les personnes d’une autre religion ou d’une autre nationalité reste nettement plus faible (Figure 7).

Ce qui varie, en revanche, ce sont les niveaux absolus et les trajectoires. L’Europe occidentale et, dans une moindre mesure, l’Amérique du Nord conservent des niveaux relativement élevés de confiance généralisée, avec même une légère progression sur certains indicateurs en Europe. L’Europe de l’Est, en revanche, se caractérise par des niveaux structurellement beaucoup plus faibles, relativement stables dans le temps, traduisant une forme de déficit chronique de confiance sociale. Aux États-Unis, un phénomène plus inquiétant apparaît : la confiance envers les personnes connues tend à diminuer, suggérant non seulement une fragilisation du « bridging », mais aussi une possible érosion progressive du « bonding » lui-même. Ces évolutions confirment les analyses d’Uslaner (2002) et de Fukuyama (2011) : la confiance généralisée constitue une ressource lente à construire et rapide à détruire, et sa fragilisation a des conséquences directes sur la capacité des sociétés à produire de la coopération au-delà des cercles immédiats.

La politisation de la confiance : quand l’altérité devient idéologique

Un troisième fait stylisé majeur concerne la politisation croissante de la confiance interpersonnelle. Les données montrent que, dans l’ensemble des régions étudiées, les attitudes envers les inconnus, les personnes d’une autre religion ou d’une autre nationalité sont de plus en plus fortement corrélées au positionnement politique (voir l’interface en ligne)5.

Ce phénomène est particulièrement marqué en Amérique du Nord et en Europe occidentale, où la confiance envers « les autres » devient progressivement un marqueur idéologique. La frontière entre désaccord politique et méfiance sociale tend ainsi à s’estomper, transformant la diversité sociale et culturelle en enjeu de conflictualité politique. En Europe de l’Est, cette politisation s’ajoute à un niveau déjà faible de confiance généralisée, contribuant à ce que l’on peut qualifier d’archipélisation sociale : une société composée de segments faiblement connectés entre eux, où la coopération au-delà des cercles de proximité reste limitée. Cette évolution rejoint les diagnostics contemporains sur la « tribalisation » des sociétés démocratiques : le lien social ne disparaît pas, mais se replie sur des communautés d’appartenance de plus en plus homogènes et idéologiquement marquées.

Le facteur générationnel : intimité forte, universalité fragile

Les dynamiques générationnelles apportent un éclairage supplémentaire sur ces transformations. Dans plusieurs pays, les jeunes générations se montrent particulièrement attachées aux liens amicaux et familiaux, tout en étant plus réservées vis-à-vis des formes de confiance généralisée. Ce profil suggère une socialisation dans des univers relationnels denses mais faiblement universalistes, où la solidarité fonctionne surtout à l’intérieur de cercles choisis plutôt qu’à l’échelle de la société dans son ensemble. Si ce modèle favorise l’intensité des relations personnelles, il fragilise la capacité à produire des compromis et des coopérations à grande échelle, qui constituent pourtant le socle fonctionnel des démocraties pluralistes.

Des sociétés relationnellement riches, mais politiquement fragiles

Ces observations dessinent un tableau cohérent : les sociétés contemporaines ne manquent pas de liens, mais elles manquent de liens transversaux. Le capital social se concentre de plus en plus dans des sphères privées, affinitaires et homogènes, tandis que les formes de sociabilité civique et de confiance généralisée s’érodent ou stagnent. Cette évolution n’est pas nécessairement pathologique à court terme, mais elle crée un environnement structurellement défavorable au fonctionnement des démocraties pluralistes, qui reposent précisément sur la capacité à coopérer avec des inconnus, des adversaires et des groupes différents.

III — Libéralisation conflictuelle

La montée des valeurs libérales : une tendance longue et robuste

Sur le plan des valeurs morales et sociétales, les données du World Values Survey confirment l’existence d’une dynamique de libéralisation de long terme dans l’ensemble des sociétés occidentales. L’acceptation du divorce, de l’homosexualité, de l’égalité de genre et, plus généralement, de l’autonomie individuelle progresse de manière nette entre les premières et les dernières vagues de l’enquête. Cette évolution est particulièrement visible en Europe occidentale, où la libéralisation apparaît à la fois continue et relativement consensuelle, portée principalement par les nouvelles générations et, dans une moindre mesure, par les femmes. Elle est également présente en Amérique du Nord, mais selon une dynamique beaucoup plus heurtée et conflictuelle. En Europe de l’Est, enfin, la trajectoire est plus instable et moins linéaire (Figure 9).

Ces résultats s’inscrivent clairement dans la continuité des travaux d’Inglehart et Welzel (2005 ; Inglehart, 2018), qui décrivent une transition de long terme des valeurs de survie vers des valeurs d’expression de soi. Toutefois, les vagues récentes du WVS montrent que cette transition n’est ni irréversible ni politiquement neutre.

La fin du consensus : quand les valeurs deviennent identitaires

Un deuxième fait stylisé majeur concerne la politisation croissante des valeurs morales. Aux États-Unis en particulier, mais de plus en plus aussi en Europe, les positions sur l’avortement, le divorce, la religion ou les droits des personnes LGBT dépendent désormais davantage de l’identité politique que de l’âge ou du niveau d’éducation. Les données montrent très clairement que, en Amérique du Nord, le clivage gauche-droite structure aujourd’hui presque entièrement ces attitudes, reléguant au second plan les effets générationnels qui dominaient encore largement lors des premières vagues du WVS. En Europe occidentale, la même dynamique est observable, mais sous une forme moins polarisée. Ce phénomène confirme les analyses du Pew Research Center (2014, 2020) et de Norris & Inglehart (2019) : les conflits culturels ne sont plus périphériques, ils sont devenus un axe central de structuration de la compétition politique.

Le nouveau clivage de genre chez les jeunes générations

Il est particulièrement frappant de constater l’émergence d’un clivage de genre générationnel sur les valeurs sociétales. Dans plusieurs pays, et de manière particulièrement nette en Europe occidentale et en Amérique du Nord, les jeunes femmes apparaissent significativement plus libérales que les jeunes hommes sur l’ensemble des indicateurs de tolérance et d’autonomie individuelle (Figure 10). Ce phénomène, encore peu visible dans les vagues anciennes du WVS, devient de plus en plus marqué dans les vagues récentes. Il suggère que la dynamique de libéralisation n’est plus simplement intergénérationnelle, mais aussi intragénérationnelle, traversant désormais les cohortes selon des lignes de genre. Cette évolution fait écho aux travaux récents sur le « gender gap » idéologique croissant et sur la radicalisation asymétrique de certains segments masculins jeunes, souvent exposés à des univers informationnels et culturels très polarisés.

L’Europe de l’Est : le pendule conservateur

L’Europe centrale et orientale constitue un cas particulièrement instructif. Après une phase d’ouverture normative dans les années suivant la chute du communisme, les données du WVS montrent, sur plusieurs dimensions — notamment l’homosexualité, l’avortement et certaines normes familiales —, un reflux conservateur partiel dans les vagues récentes.

Ce « pendule » des valeurs suggère une stabilisation, voire un recul, de certains indicateurs de libéralisation, dans un contexte marqué par la montée de régimes illibéraux, de nationalismes culturels et par une politisation accrue des enjeux moraux. Ce profil correspond étroitement aux analyses de Krastev et Holmes (2019), qui décrivent la fatigue de l’imitation occidentale et la recherche de modèles politiques et culturels alternatifs dans une partie de l’Europe post-socialiste.

Conclusion : Une libéralisation sous tension

Ces résultats dessinent un paysage normatif profondément transformé. La libéralisation des valeurs ne s’est pas arrêtée, mais elle est devenue structurellement conflictuelle. Elle progresse dans certaines fractions de la société, se fige ou recule dans d’autres, et alimente des clivages politiques, générationnels et de genre de plus en plus visibles.

L’ensemble de ces tendances sont librement explorables via l’interface interactive du projet.

Références

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Annexe

Code WVSLibellé de la questionÉchelle de réponseTraitement
Code WVSLibellé de la questionÉchelle de réponseTraitement
A001La famille1 = Très important / 4 = Pas du tout importantInversée
A002Les amis1 = Très important / 4 = Pas du tout importantInversée
A004Le travail1 = Très important / 4 = Pas du tout importantInversée
A006La religion1 = Très important / 4 = Pas du tout importantInversée
E035Les revenus devraient être plus égaux [1] vs Écarts de revenus [10]1 = Égalité / 10 = ÉcartsInversée
E039La compétition est bonne (incite à travailler dur)1 = D’accord / 10 = Pas d’accordInversée
E040Le travail acharné apporte une vie meilleure vs ChancePôles : 1 = Travail / 10 = Chance et relationsInversée
E063Perception de la situation actuelle du pays (Égalité vs Mérite)Pôles : 1 = Égalitaire / 5 = Compétitive (selon accomplissement)Inversée
A040Qualités des enfants encouragées à la maison. En choisir jusqu’à cinq parmi la liste proposée1 = Mentionné / 0 = Non mentionnéOriginale
A040La foi religieuse1 = Mentionné / 0 = Non mentionnéOriginale
A041L’altruisme1 = Mentionné / 0 = Non mentionnéOriginale
A165La plupart des gens ?1 = On peut faire confiance / 2 = On n’est jamais trop prudentInversée
G007_33BLes gens que vous connaissez personnellement1 = Confiance totale / 4 = Pas de confiance du toutInversée
G007_34BLes gens que vous rencontrez pour la première fois1 = Confiance totale / 4 = Pas de confiance du toutInversée
G007_35BLes gens d’une autre religion1 = Confiance totale / 4 = Pas de confiance du toutInversée
G007_36BLes gens d’une autre nationalité1 = Confiance totale / 4 = aucuneInversée
E069_01L’Église1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_03Le système éducatif1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_04La presse1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_06La police1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_07Le Parlement1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_09Le système de Sécurité sociale1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_11Le gouvernement1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_12Les partis politiques1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_17La justice1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E069_41Les banks1 = Beaucoup / 4 = Pas du toutInversée
E012Serez-vous prêt à vous battre pour votre pays s’il y avait une guerre ?1 = Oui / 0 = NonOriginale
E114Avoir à sa tête un chef fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ou des élections1 = Très bon / 4 = Très mauvaisInversée
E235Importance de vivre dans un pays gouverné démocratiquement1 = Pas du tout important / 10 = Absolument importantOriginale
IndexIndice de défiance (Moyenne inversée de la confiance institutionnelle)Score élevé = Forte défianceOriginale
F118L’homosexualité1 = Jamais justifiable / 10 = Toujours justifiableOriginale
F119La prostitution1 = Jamais justifiable / 10 = Toujours justifiableOriginale
F120L’avortement1 = Jamais justifiable / 10 = Toujours justifiableOriginale
F121Le divorce1 = Jamais justifiable / 10 = Toujours justifiableOriginale
F122L’euthanasie1 = Jamais justifiable / 10 = Toujours justifiableOriginale
F123Le suicide1 = Jamais justifiable / 10 = Toujours justifiableOriginale
IndexSurvSAgg (Valeurs de Survie vs Expression de soi)Score élevé = Plus d’expression de soiOriginale
IndexTradAgg (Valeurs Traditionnelles vs Séculières-Rationnelles)Score élevé = Plus séculier-rationnelOriginale
  1. https://cepremap-obe.shinyapps.io/Projet_CEPREMAP_WVS/
  2. Les données et graphiques interactifs sont consultables sur l’interface du projet : https://cepremap-obe.shinyapps.io/Projet_CEPREMAP_WVS/. Pour répliquer ces constats, explorer l’onglet Heatmap, sélectionner la variable « importance de la démocratie », et utiliser les filtres géographiques pour isoler l’Europe de l’Est afin de suivre son évolution temporelle
  3. Pour observer ces dynamiques de confiance sur la même interface, explorer l’onglet Heatmap et sélectionner les variables de la section « institutions »
  4. https://cepremap-obe.shinyapps.io/Projet_CEPREMAP_WVS/. Pour répliquer ces constats, sélectionnez la variable « chef fort » et les espaces géographiques dédiés.
  5. https://cepremap-obe.shinyapps.io/Projet_CEPREMAP_WVS/. Pour répliquer ces constats, explorer l’onglet Heatmap, sélectionner les variables de la catégorie « confiance » et appliquer un facettage par « auto-positionnement politique » afin de visualiser l’évolution des corrélations.