Le Bien-être en France : Rapport 2025

Publication
Observatoire du Bien-être
Le Bien-être en France : Rapport 2025

Mathieu Perona et Claudia Senik

Mars 2026

32 pages

Résumé

L’année 2025 restera marquée par une évolution contrastée du bien-être des Français. Si certains piliers de la vie quotidienne demeurent solides – les liens avec les proches et le sentiment que notre vie a du sens, d’autres dimensions révèlent des tensions profondes qui interrogent notre modèle social et nos perspectives d’avenir.

La rupture la plus manifeste concerne le rapport au travail. Après des années de relative stabilité, la satisfaction liée au travail s’est effondrée au cours de l’année, touchant toutes les générations actives. Cette détérioration semble traduire une crise de l’organisation du travail et de la reconnaissance, deux dimensions essentielles du bien-être au travail. Plus d’un salarié sur deux exprime le souhait de se reconvertir professionnellement, traduisant moins un rejet du travail qu’une quête de meilleures conditions d’exercice. Dans le champ de la formation, les enseignants-chercheurs universitaires connaissent une crise profonde de satisfaction et de reconnaissance. Du côté des étudiants, plusieurs mécanismes continuent à conduire les filles et les garçons à faire des choix différents d’orientation post-bac. Et si les classes préparatoires sont fortement appréciées par tous les élèves, le stress pèse davantage sur les filles.

L’autre préoccupation majeure concerne l’avenir. À court terme, les anticipations de bien-être restent étroitement liées à la conjoncture économique, mais à plus long terme, la vision de la situation de la prochaine génération se dégrade continuellement, atteignant un nouveau point bas en fin d’année, surtout chez les moins de 65 ans. Le pessimisme des Français doit beaucoup au paysage politique du pays dont les clivages multiples rendent difficile la constitution de coalitions stables.

Face à ces inquiétudes, les relations interpersonnelles constituent un rempart essentiel. Le sentiment d’avoir des personnes sur qui compter se maintient à un niveau élevé. Pour mieux mesurer la force du lien social, de nouvelles mesures de la convivialité ont été introduites dans notre enquête trimestrielle. Pour la moitié des Français, la sociabilité quotidienne demeure vivace, mais la solitude reste une réalité préoccupante pour une partie de la population, comme en témoigne la proportion de 10 % des enquêtés qui n’ont partagé aucun repas avec personne au cours de la semaine écoulée.
Au-delà de ces constats conjoncturels, nos travaux ont exploré plusieurs dimensions structurantes du bien-être : le rôle du logement et du patrimoine, l’impact du chômage ou encore des réseaux sociaux, et le sens que nous donnons à notre vie.

L’ensemble de ces travaux dessine le portrait d’une société française confrontée à des défis majeurs dans le monde du travail, face à l’avenir et dans la transmission intergénérationnelle, mais qui conserve des ressources précieuses dans la solidité des liens sociaux et dans l’attachement au sens. Les pages qui suivent présentent en détail chacune de ces analyses, dont nous espérons qu’elles contribueront à éclairer le débat public.