Le bien-être des Français — Septembre 2026

Note
Observatoire du bien-être

Si l’appréciation des Français quand aux grandes dimensions de leur bien-être individuel reste stable (satisfaction dans la vie, sens de ce qu’on fait, bonheur), la vague de septembre 2026 est marquée par la montée des inquiétudes et des fragilités. Le prix des carburants tend les budgets des ménages, mais c’est surtout l’avenir qui paraît sombre. Les perceptions de l’avenir individuel et de la prochaine génération enregistrent une forte baisse, dans la foulée des vagues de chaleur et sur un fond de rentrée tendue sur les sujets de finances publiques. Malgré la pause estivale, la satisfaction quant à son travail reste déprimée par rapport aux niveaux d’avant 2025, attestant d’une fragilisation durable.

Mathieu Perona, Cepremap

À la rentrée 2026, le bien-être général des Français reste stable : une satisfaction quant à leur vie actuelle proche de sa moyenne depuis 2016, un sens de la vie relativement élevé et un sentiment de bonheur de saison. Cependant, les fragilités présentes avant l’été se maintiennent ou s’approfondissent. La satisfaction quant au travail reste à un point bas, tandis que la confiance dans l’avenir, individuel comme collectif, se dégrade.

Nous présentons l’ensemble des résultats de l’enquête dans notre tableau de bord en ligne. Cette Note en souligne quelques éléments saillants.

Le bien-être individuel résiste

Notre indicateur central, la satisfaction générale quant à la vie que l’on mène actuellement, est stable depuis un an, à un niveau correspondant à sa moyenne depuis 2016 (Figure 1). Cela représente cependant un repli par rapport à l’année 2025.

Le bien-être émotionnel se replie par rapport à la vague de juin, ce qui est habituel à la fin de l’été. Le niveau de septembre 2026 est comparable à celui des trois rentrées précédentes (Figure 2).

Le sentiment que ce qu’on fait de sa vie a du sens et de la valeur se replie un peu, mais reste à un niveau élevé par rapport à la période d’avant 2024 (Figure 3).

Des finances qui se tendent

Avec l’augmentation des prix des carburants, l’appréciation par les Français de leur situation matérielle se dégrade. La part des ménages qui s’estiment à l’équilibre diminue; elle n’a jamais été aussi faible depuis le début de notre enquête en 2016 (Figure 4).

Encadré : Entre les vagues de chaleur et l’embrasement des lycées
L’enquête de conjoncture auprès des ménages se déroule sur une période de trois semaines. La collecte de septembre a donc commencé fin août, et s’est achevée avant le début des mouvements lycéens de septembre.

Par ailleurs, le prix des carburants avait rebondi après une détente au printemps, atteignant des niveaux historiquement élevés.

Un avenir en demi-teinte

La satisfaction quant à ce que l’on va vivre dans les prochaines années marque une rupture par rapport aux années précédentes et plonge fortement ce semestre (Figure 5, courbe bleue). L’indice synthétique de confiance des ménages de l’Insee (courbe bleue), une mesure de l’appréciation de leur situation économique présente et à venir, suit à peu près les mêmes évolutions, mais à un niveau plus bas.

Deux éléments de conjoncture peuvent contribuer à cette dégradation des perspectives individuelles. D’une part, les vagues de chaleur de l’été ont mis en évidence la vulnérabilité d’une grande partie du pays aux conséquences du dérèglement climatique. D’autre part, le début du mois de septembre a été rapidement marqué par les inquiétudes liées à la dette publique et aux mesures de redressement budgétaire.

Ainsi, l’opinion quant aux perspectives de la prochaine génération se dégrade à nouveau et atteint un nouveau plancher (Figure 6). La part de personnes qui pensent que la situation de la prochaine génération en France sera bien pire qu’aujourd’hui (réponses 0 et 1 sur notre échelle de 0 à 10) atteint les 20 %, soit une personne sur cinq.

Travail : une rupture consommée

La satisfaction quant à son travail s’est brutalement détériorée il y a un an et trois mois et reste à un niveau déprimé ce trimestre (Figure 7). Touchant toutes les générations d’âge actif et tous les niveaux de revenu, cette baisse de la satisfaction au travail ne s’explique pas par l’équilibre vie-travail (stable ce trimestre) ni par la satisfaction concernant le temps libre (stable, à un niveau plutôt élevé, avec à nouveau une appréciation plus favorable du côté des hommes que des femmes).