Le bien-être des Français en mars 2026 ne semble pas avoir été affecté par le début de la guerre en Iran ni par ses conséquences sur le prix des carburants. Les grands indicateurs sont stables ou reviennent à leur niveau habituel pour le printemps. La perception des perspectives de la prochaine génération demeure sombre.
Mathieu Perona, Cepremap
Publié le 02 avril 2026
Le bien-être des Français en mars 2026 ne semble pas avoir été affecté par le début de la guerre en Iran ni par ses conséquences sur le prix des carburants. Les grands indicateurs sont stables ou reviennent à leur niveau habituel pour le printemps.
L’ensemble des résultats de l’enquête est présenté dans notre Tableau de bord en ligne; cette Note en souligne quelques éléments saillants.
Un bien-être en berne
Premier de nos indicateurs-clefs, la satisfaction générale quant à la vie qu’on mène actuellement est stable après un repli en décembre. Il est inférieur à son niveau de mars 2024 (Figure 1).

Encadré : La guerre en Iran
L’enquête de conjoncture auprès des ménages se déroule sur une période de trois semaines. La collecte de mars a donc commencé juste avant le début des opérations militaires américaines et israéliennes en Iran (28 mars) et l’augmentation des prix des carburants qui en a résulté (à partir du 1er mars. Les conséquences de cette guerre ne sont donc que partiellement reflétés dans cette vague.
Le sentiment que ce qu’on fait dans sa vie a du sens résiste(Figure 2). Il reste au-dessus de sa moyenne depuis 2016, malgré un repli sur un an. Le bien être émotionnel (Figure 3) rebondit comme pratiquement chaque année après son point bas hivernal.


L’appréciation du niveau de vie est stable
L’augmentation du prix des carburants n’a pas encore eu de conséquences sur l’appréciation par les ménages de leur situation financière. La satisfaction quant à leur niveau de vie reste stable, à un niveau proche de sa moyenne depuis 2016 (Figure 4).

L’insatisfaction au travail s’installe dans le temps
La satisfaction au travail a décroché en juin 2025 et reste à un niveau bas depuis, en-dessous du niveau de décembre 2018, à la veille de la crise des Gilets Jaunes (Figure 5).

Après une baisse ponctuelle en décembre, la satisfaction quant à son temps libre retrouve un niveau comparable à celui des années précédentes, tandis que la satisfaction quant à l’équilibre des temps de vie reste stable. L’augmentation de l’insatisfaction quant au travail en général semble donc concerner le contenu du travail lui-même.
Un avenir collectif toujours sombre
Malgré la guerre, l’appréciation de l’avenir individuel — ce que vous allez vivre dans les prochaines années — remonte un peu, jusqu’à sa moyenne depuis 2026 (Figure 6). Parallèlement, l’indice synthétique de confiance des ménages de l’Insee, largement fondé sur les anticipations économiques des ménages, baisse légèrement.

En revanche, l’évaluation des perspectives de la prochaine génération en France affiche un nouveau point bas (Figure 7), continuant sa lente érosion depuis 2022.

L’écart générationnel continue de s’accroître : alors que l’appréciation des plus de 65 ans est stable depuis 2024, celle des autres générations s’est dégradée en 2026, particulièrement celle des 17-45 ans sur les trois derniers trimestres (voir notre Tableau de bord en ligne pour le détail par classes d’âge).
