Le bien-être des Français — Décembre 2025

Note
Observatoire du bien-être

Les grands indicateurs de bien-être subjectif sont typiques du mois de décembre : stables ou en repli. Seule exception notable : la satisfaction au travail reste à un niveau exceptionnellement bas, pour le troisième trimestre consécutif. La perception de l’avenir, quant à elle, demeure sombre.

Mathieu Perona, Cepremap

Le bien-être des Français en décembre 2025 est typique de ce mois d’hiver : en repli par rapport à son niveau d’automne. Seule la chute de la satisfaction au travail, en net décrochage par rapport à l’an dernier, ne peut être vue comme un phénomène purement saisonnier.

L’ensemble des résultats de l’enquête sont présentés dans notre Tableau de bord en ligne, cette Note en souligne quelques éléments saillants.

Le blues de l’hiver

Premier de nos indicateurs-clefs, la satisfaction générale quant à la vie qu’on mène actuellement se replie en décembre par rapport à son niveau de la rentrée, retrouvant un niveau comparable à celui de décembre 2024 (Figure 1).

Il en va de même du sentiment que ce qu’on fait dans sa vie a du sens (Figure 2), ainsi que du bien-être émotionnel (voir notre Tableau de bord), en net recul par rapport au mois de septembre (Figure 3).

Figure 2
Diagramme de la série temporelle trimestrielle de la moyenne du sentiment d'avoir été heureux la veille.
Figure 3

L’appréciation du niveau de vie est stable

Après un an d’amélioration, l’appréciation par les ménages de leur situation financière se dégrade en décembre, avec une baisse de la part des ménages qui déclarent parvenir à épargner et une augmentation de la part de ceux qui tirent sur leurs réserves pour boucler les fins de mois.

Pour autant, la satisfaction quant à leur niveau de vie reste stable, à un niveau proche de sa moyenne depuis 2016, et supérieur à celui qui prévalait avant 2020 (Figure 4).

L’insatisfaction au travail se confirme

Alors qu’elle avait atteint un niveau relativement élevé en début d’année, la satisfaction au travail a décroché en juin 2025, et reste à un niveau bas depuis. La moyenne de décembre est ainsi tombée à un niveau comparable à celui de décembre 2018, à la veille de la crise des Gilets Jaunes (Figure 5). Si la chute de juin était principalement le fait des plus de 45 ans, la satisfaction au travail des moins de 45 ans s’est dégradée chaque trimestre depuis, rejoignant celle de leurs aînés.

La satisfaction quant à l’équilibre des temps de vie ou quant au temps libre n’ont pas connu une telle rupture. Dans le détail, nous observons une baisse de la part des gens très satisfaits de leur travail (réponses 9 et 10 sur notre échelle de 0 à 10), et une augmentation des personnes tout juste satisfaites (réponses 5 et 6) ainsi que des personnes très insatisfaites (réponses 0 à 4).

Un avenir collectif toujours sombre

Malgré un léger rebond, les perspectives individuelles restent plus pessimistes que la moyenne depuis 2016 (Figure 6). De même, l’indice synthétique de confiance des ménages de l’Insee, largement fondé sur les anticipations économiques des ménages, demeure déprimé. L’écart entre ces deux indicateurs, qui ont divergé en 2022, reste stable : ce sont encore les aspects économiques qui semblent dicter les évolutions de l’appréciation de l’avenir.

L’évaluation des perspectives de la prochaine génération en France affiche un nouveau point bas (Figure 7), continuant sa lente érosion depuis 2022.

L’écart générationnel est à nouveau bien visible en 2025 : les moins de 65 ans sont nettement plus pessimistes que leurs aînés, dont l’appréciation est essentiellement stable depuis la sortie de la pandémie, là où les moins de 65 ans anticipent un avenir de plus en plus sombre.

Cependant, la part des réponses Maintenant à notre question concernant l’époque où les répondants aimeraient vivre dépasse la barre des 20 %, tandis que la préférence pour le passé récent (des années 1950 aux années 2010) diminue.