Le coût d’un embargo sur les énergies russes pour les économies européennes

Le coût d’un embargo sur les énergies russes pour les économies européennes

François Langot et Fabien Tripier

Avril 2022

9 pages

Résumé

Avec 34% de son pétrole, 55% de son gaz et 26% de son charbon venant de Russie, l’Allemagne s’est trouvée au centre du débat sur l’opportunité de mettre en place un embargo sur l’énergie russe en Europe. Face à la résistance de son gouvernement à suivre cette voie, Bachmann et al. (2022) ont quantifié les effets sur l’économie allemande d’un arrêt des importations d’énergie en provenance de Russie. Ce débat concernant tous les pays de l’Union Européenne qui seraient aussi impactés, nous évaluons le coût de cet embargo pour l’économie mondiale, et en particulier pour les pays de l’Union Européenne. Malgré la complexité d’une telle évaluation, et la prudence avec laquelle il faut interpréter les résultats, il est nécessaire d’estimer les coûts de cet embargo pour informer les citoyens de l’Union Européenne et mettre en place de politiques d’accompagnement si cette politique est adoptée. L’intérêt de la contribution de Bachmann et al. (2022) est d’apporter des résultats pour l’Allemagne mais également pour les principales économies, même s’ils ne sont pas directement présentés dans leur étude. Nous les analysons dans cette note pour évaluer le coût de l’embargo sur les énergies russes pour les économies européennes. Les principales conclusions sont :

  1. Le coût moyen de l’embargo dans l’Union Européenne équivaut à une réduction de -0,7% des dépenses nationales (consommation des ménages, investissement des entreprises et dépenses publiques) par an et par habitant.
  2. Le coût de l’embargo serait plus élevé pour la Russie que pour l’Union européenne avec une perte de -2,3% des dépenses nationales.
  3. Il existe une forte hétérogénéité dans les coûts de l’embargo au sein de l’Union Européenne entre la Lituanie (le pays le plus impacté avec -5,3% des dépenses nationales) et le Luxembourg (qui connaîtrait un gain de 0,2% des dépenses nationales). L’Allemagne et la France occupent une position intermédiaire dans l’Union Européenne avec des pertes de -0,3% et -0,2% des dépenses nationales respectivement.
  4. Au sein de chaque pays, il existe d’importantes différences sectorielles avec une plus forte contraction des secteurs plus dépendants de l’énergie.

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