La France Malheureuse

La France Malheureuse

Mathieu Perona

February 2019

13 pages

In the newspapers

  • Synthèse pour AOC, Mathieu Perona, 27 février 2017

Abstract

La vaste contestation que représente le mouvement des Gilets Jaunes s’enracine pour nous dans un sentiment profond et durable de mal-être et d’insatisfaction des personnes vis-à-vis de leur vie et de leurs perspectives d’avenir. Afin de contribuer à la compréhension de ce mouvement et de sa composition sociale, nous dressons dans cette note un portrait en trois temps du mal-être en France tels que le révèlent nos indicateurs subjectifs.

Qui sont les malheureux en France ? Nous montrons que si les marqueurs de statut social que sont le diplôme, l’emploi et le revenu structurent l’exposition au mal-être, ce dernier touche une large frange de la population associée aux classes populaires et moyennes.

Dans la lignée de notre note de novembre dernier, « Bonheur rural, malheur urbain », nous revenons sur la situation des villes moyennes. Celles-ci affichent un niveau de bien-être moyen inférieur, et une proportion plus forte de malheureux. Cet écart s’explique en partie par une sur-représentation en leur sein des catégories les plus malheureuses, ce qui se conjugue avec des niveaux de revenus plus faibles et une dynamique démographique en berne.

En nous focalisant sur les malheureux de ces villes, nous mettons cependant en évidence un effet local supplémentaire : au sein de ces villes, le malheur et l’insatisfaction vis-à-vis des relations avec les proches s’expriment plus fortement dans la quasi-totalité des couches de la population. Il se manifeste donc dans ces agglomérations une dynamique négative, qui pèse sur le bien-être de l’ensemble de leurs habitants.